« Si le choix des militants se porte sur moi, je m’engage devant vous à me battre pour la mise en œuvre de l’égalité réelle des droits pour les personnes LGBT. » DSK –28 octobre 2005
La lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits des personnes LGBT (Lesbiennes, Gaies, Bi, Trans) sera, très certainement, l’un des thèmes forts de la prochaine campagne présidentielle.
Il est clair que seule la gauche, si elle l’emporte en 2007, aura le courage et la volonté politique d’engager les réformes législatives nécessaires.
Si demain nous gagnons les élections, nous devrons faire preuve de détermination et de responsabilité pour mettre en œuvre ces propositions.
Dominique Strauss-Kahn n’a pas attendu que ces questions entrent dans le champ médiatique pour formuler des propositions qui sont, aujourd’hui, largement partagées par la plupart des socialistes.
Parmi tous les candidat-e-s à la candidature socialiste, DSK a pris des positions très claires en faveur des droits des personnes LGBT, tout comme l’ont fait plusieurs représentants de la grande famille des sociaux-démocrates européens tels José Luis Zapatero en Espagne, ou nos amis socialistes belges.
Cet engagement s’inscrit dans une démarche politique globale : celle de l’égalité réelle.
En effet, si les textes législatifs ou constitutionnels proclament l’égalité, celle-ci n’est pas, loin s’en faut, la réalité vécue par celles et ceux qui se sentent discriminés, exclus socialement ou économiquement. Education, intégration, droits des étrangers, droits des personnes LGBT : autant de thématiques qui s’inscrivent dans cette recherche de plus de justice, d’égalité réelle des droits, de solidarité et de volonté de construire le socialisme de l’émancipation.
Le droit des personnes LGBT « interroge la République et ses valeurs »
Dès 2004, un groupe de travail sur les questions LGBT était créé au sein d’À Gauche en Europe. Dans la « lettre de mission » de ce groupe de travail, DSK indiquait clairement son approche de ces sujets :
« Bien plus qu’une simple réflexion en direction des personnes homosexuelles et transsexuelles, la question de la place des orientations sexuelles et de l’identité de genre interroge la République et ses valeurs. »
Il faut noter que, dès 2004, DSK n’envisageait pas d’échelle de valeur entre la notion d’orientation sexuelle et celle d’identité de genre. Dans cette même lettre, DSK proposait de structurer la réflexion de son groupe de travail selon deux axes :
1. celui de la lutte contre l’homophobie. Au-delà des dispositions législatives, dont un certain nombre ont été depuis adoptées, DSK rappelait avec raison qu’un « tel fléau (l’homophobie) doit nécessairement se doubler d’instruments de prévention. Il me semble indispensable de se pencher sur les moyens à mettre en œuvre, notamment dans l’institution scolaire et le monde de l’entreprise, pour lutter par la pédagogie contre les idées reçues et un retour à l’ordre moral. »
2. celui des droits civils et sociaux. Dans cette réflexion, rien n’était oublié des améliorations du PACS « jusqu’à l’étude des droits réservés jusqu’à présent aux hétérosexuels (mariage, adoption, procréation médicalement assistée notamment). »
Et de conclure que les « travaux seront guidés par le souci d’établir une égalité réelle entre genres, dans le respect de toutes les orientations sexuelles. »
24 juin 2004 : Colloque « À gauche en Europe » à l’Espace des Blancs Manteaux (Paris 4e)
Ce Colloque sur les questions LGBT est sans doute le premier organisé par une association non directement liée à la « sphère LGBT ». Devant une assistance nombreuse, le groupe de travail sur les questions LGBT a présenté son rapport. Abordant sans tabous l’ensemble des questions LGBT (lutte contre la LGBT-phobie, éducation, soutien aux associations, mariage, adoption, Assistance Médicale à la Procréation, délégation de l’autorité parentale) et intégrant dans sa vision l’ensemble des citoyen-ne-s, cette note de synthèse constitue le socle théorique d’une pensée ouverte sur le monde, en particulier sur l’Europe, et en phase avec les aspirations de la société française.
Les prises de position publiques de DSK (11 mai 2004)
Mais, DSK soutient-il les conclusions du groupe de travail d’À Gauche En Europe ? Il suffit pour s’en convaincre, de relire son interview à Libération, le 11 mai 2004.
À la question « Êtes-vous favorable à l’ouverture du mariage aux gays et à l’adoption par des couples de même sexe ? », une réponse simple « Oui ».
À la question « Sur l’adoption par un couple homosexuel, c’est oui, ou peut-être ? », la réponse est aussi claire : « Posé comme cela, pour moi, c’est oui. C’est oui car il faut aller au bout de la lutte contre les discriminations : un couple homosexuel doit avoir les mêmes droits qu’un couple hétérosexuel, y compris au regard de l’adoption. »
Et enfin, à la question, « La question des droits des homosexuels est-elle une question à part pour vous ? », une réponse limpide « Non, elle est indissociable de l’avancée des libertés dans notre société. Les pays du nord sont en avance, tant sur le mariage que sur l’adoption, comme en Suède. L’exemple espagnol, avec l’annonce de José Luis Zapatero sur le mariage des couples homosexuels, apporte la preuve que, même dans les pays du sud plus traditionalistes, quand la gauche est au pouvoir, elle peut faire avancer les choses. »
Les actions concrètes de DSK
DSK aurait pu se contenter de l’excellent travail d’ À Gauche en Europe et de ses courageuses prises de position, mais depuis mai 2004, son engagement sur ces questions n’a pas faibli. Il est en première ligne dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits.
Parmi ses actions concrètes et ses initiatives :
1. il a confirmé qu’il était favorable à l’homoparentalité en signant la préface du livre de Martine Gross et Mathieu Peyceré « Fonder une famille homoparentale », dans laquelle on trouvera cette très belle phrase « Fonder une famille, transmettre une histoire, des valeurs — ce projet de vie — doit pouvoir être accessible sans discrimination. Les enfants ne doivent pas être privés de la possibilité d’avoir deux parents responsables au motif qu’ils sont de même sexe. »
2. il a été l’un des tout premier membre de la direction nationale du PS à signer la contribution d’Homosexualités et Socialisme au Congrès du Mans, donnant à cette contribution qui reprend une grande partie des revendications des personnes LGBT, un écho et une force décuplés.
3. il a été, en juin 2004, l’un des premiers signataires de la pétition pour l’instauration d’une journée mondiale de lutte contre l’homophobie, initiée par Louis-Georges Tin.
4. depuis 2004, DSK participe à la Marche des Fiertés, et en profite pour rencontrer, une à une, les associations qui défilent à l’occasion de cette journée de manifestation festive, point d’orgue annuel des revendications LGBT. En 2006, DSK était présent sur le char du PS avec les militant-e-s socialistes.
5. à l’occasion d’un Colloque européen organisé par HES, DSK devant un parterre de militants LGBT socialistes européens a affirmé, dans un anglais parfait, « Homophobie, mariage pour les couples de même sexe, adoption et procréation médicalement assistée possibles pour les homosexuels, seuls ou en couple, question trans… Autant de sujets sur lesquels je me suis exprimé. Pour moi, une fois n’est pas coutume, c’est oui ! Un oui sans ambiguïtés » et de conclure :
« Le programme de la candidate ou du candidat du parti socialiste pour 2007 ne pourra passer sous silence le mariage et l’adoption. Si le choix des militants se porte sur moi, je m’engage devant vous à me battre pour la mise en œuvre de l’égalité réelle des droits pour les personnes LGBT. »
6. enfin, dans une tribune dans Libération avec Christian Saout, président d’Aides, DSK prend des positions fortes dans la lutte contre le vih/sida. Soutien à la prévention en France à l’école : « Il s’agit donc de développer une approche globale d’éducation à la santé, à la sexualité et à la contraception et de sensibilisation aux risques en direction des jeunes, au sein même des programmes scolaires. » mais aussi, plus généralement, dans la société « il s’agit d’adapter les actions en fonction des environnements culturels et sociaux et des populations : jeunes, homosexuels, femmes, populations migrantes ». Lutte contre les discriminations liées à l’état de santé. Lutte contre l’épidémie au niveau mondial, aide aux pays lourdement touchés « Notre pays n’agit pas à la hauteur de l’urgence de la situation : la contribution française à la lutte mondiale contre le sida doit encore sensiblement augmenter. » et enfin soutien à la recherche.
Contributeur : Patrick, du blog de soutien LGBT à DSK.