Dans la lettre - T -
Trois socialismes et un projet
DSK n’hésite pas à revenir régulièrement sur la notion de "3 socialismes", sa réflexion de fond sur l’idéologie de la politique qu’il aimerait mettre en oeuvre. Histoire de ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Avis aux détracteurs de la pensée socialiste, le mousquetaire DSK est paré aux coups les plus vils ! Mais tentons de mettre au clair cette réflexion. Tout d’abord, parlons du socialisme de la redistribution. Ce fut l’essence même de la politique socialiste depuis de longues années, ce socialisme là est synonyme d’Etat providence. Pour faire face au creusement des inégalités, DSK ne pense qu’à le renforcer mais n’hésite pas à souligner ses insuffisances. En effet, il fait le point sur les effets dévastateurs de ce socialisme qui a souvent eu tendance à légitimer, voire à aggraver les inégalités de départ. C’est une voie nouvelle que veut explorer DSK, une voie de la redistributivité engagée dans le capitalisme de son temps, mouvant et grandissant…
Arrêtons nous ensuite sur le socialisme de la production. DSK reste plus évasif et n’hésite pas à y mettre beaucoup de concepts et de mesures qui mériteraient de s’y attarder. Mais c’est avant tout le reflet d’une volonté de « mettre les mains dans le cambouis et d’attaquer les inégalités à leur racine, au niveau du système productif même. Cela voudrait dire qu’il faille s’intéresser aux régulations des licenciements économiques, à la sécurisation des parcours professionnels, ou encore à la législation sur les accidents de travail, etc…
Enfin, le socialisme de l’émancipation est le « projet » de DSK, son socialisme du XXIème siècle. N’ayons pas peur des mots. Il s’agit dorénavant d’agir a priori, d’attaquer les inégalités à la racine, avant même qu’elles ne se créent. Cette lutte est fondée sur un principe simple : il faut donner plus à ceux qui ont moins. Donner plus de capital public à ceux qui ont moins de capital social. C’est un grand retour aux services publics que nous proposons : le socialisme de l’émancipation passe par des réformes novatrices en matière d’éducation, de logement, d’urbanisme, de santé.
Socialisme de la redistribution, socialisme de la production, socialisme de l’émancipation : voilà les trois piliers sur lesquels DSK veut bâtir la social-démocratie française. Le réformisme de gauche n’est pas condamné à l’accompagnement social du libéralisme. Il peut et doit être un « réformisme radical ». Ses adversaires de la gauche n’ont qu’à bien se tenir !


